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ISO 9001:2026 : une évolution, pas une révolution
Le mercredi 16 septembre, la norme ISO 9001:2026 a été publiée. En tant que QHSE Manager & Partner chez Pauwels Consulting, j'ai pris le temps ces derniers jours d'examiner les changements en détail. Ma première conclusion : il s'agit d'une évolution, pas d'une révolution. La structure de la norme reste largement inchangée.
Plusieurs nouveaux accents rejoignent toutefois de près les défis auxquels les organisations sont confrontées aujourd'hui. Six accents clés ont retenu mon attention. Voici lesquels, et ce qu'ils signifient selon moi dans la pratique.
1. Le changement climatique entre dans l'analyse du contexte et des attentes des parties prenantes
Les organisations doivent désormais évaluer explicitement si le changement climatique constitue un enjeu pertinent pour leur activité, et quelles sont les attentes de leurs parties prenantes à ce sujet.
Il ne s'agit pas d'une exigence entièrement nouvelle. Elle était déjà attendue depuis l'amendement à l'ISO 9001 publié en 2024. Les organisations qui ont correctement mis en œuvre cet amendement devraient ressentir un impact supplémentaire relativement limité.
La nouveauté, c'est que l'exigence est désormais pleinement intégrée dans la norme elle-même, plutôt que de figurer à côté sous forme d'amendement. Pour certaines organisations, l'impact pratique restera limité. Pour d'autres, il se traduira dans les analyses de risques, les chaînes d'approvisionnement, les attentes des clients et les choix stratégiques. La gestion de la qualité s'inscrit ainsi encore plus étroitement dans le contexte global de l'entreprise.
2. La culture qualité et le comportement éthique entrent dans la norme
C'est, à mon sens, le changement le plus marquant de la nouvelle norme. L'ISO 9001:2026 rend la culture qualité et le comportement éthique explicitement visibles pour la première fois.
La direction générale est désormais appelée non seulement à piloter les processus et les résultats, mais aussi à promouvoir activement une culture qualité et à encourager une réflexion axée à la fois sur les risques et sur les opportunités. La culture qualité et le comportement éthique sont également liés explicitement à l'environnement de travail et à la manière dont les collaborateurs travaillent ensemble.
Les collaborateurs, eux aussi, sont appelés à être conscients de la culture qualité et des attentes éthiques au sein de leur organisation. La culture qualité devient ainsi une responsabilité partagée par toute l'organisation, et non plus seulement par la direction.
« Le plus grand changement de l'ISO 9001:2026 ne tient pas à une clause. C'est un état d'esprit : la qualité comme responsabilité de tous. »
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3. Risques et opportunités sont plus clairement distingués
Les risques et les opportunités disposent désormais chacun de leur propre approche et de leur propre évaluation. De nombreuses organisations sont déjà relativement solides en matière de gestion des risques. Moins nombreuses sont celles qui excellent tout autant dans l'identification et l'exploitation systématiques des opportunités.
Ce changement souligne que la gestion de la qualité ne consiste pas uniquement à prévenir les erreurs, mais aussi à créer de la valeur et à stimuler l'amélioration.
Les risques et les opportunités ne sont plus traités comme un tout indissociable. Chacun dispose de sa propre approche et d'une place distincte dans la revue de direction, ce qui obligera les organisations à évaluer plus explicitement si les actions menées sur les deux fronts sont réellement efficaces. Pour la première fois, les opportunités bénéficient de la même attention formelle de la direction que les risques.
4. La gestion du changement gagne en importance
Pour tout changement, la norme exige désormais explicitement une attention portée à la communication, au suivi et à l'évaluation des résultats.
Les organisations sont de plus en plus confrontées à la digitalisation, aux nouvelles technologies, aux réorganisations et à l'évolution des attentes des clients. La norme demande donc une approche plus structurée du changement. Ce n'est pas seulement le changement en lui-même qui compte, mais aussi la manière dont il est communiqué, suivi et évalué.
Les organisations devront de plus en plus démontrer que les changements qu'elles mettent en œuvre contribuent réellement à l'efficacité de leur système de management.
5. La revue de direction adopte une perspective plus large
La revue de direction s'enrichit d'une évaluation distincte de l'efficacité des actions menées sur les risques et les opportunités. Elle doit également tenir compte de l'évolution des besoins et des attentes des parties prenantes concernées.
La revue de direction évolue d'un bilan rétrospectif des performances vers un outil de pilotage stratégique. Les organisations devront évaluer non seulement si leurs objectifs ont été atteints, mais aussi si leurs actions sur les risques et les opportunités ont réellement été efficaces, et comment évoluent les besoins et attentes des parties prenantes concernées.
Cela renforce le lien entre le système de management de la qualité et la prise de décision stratégique au sein de l'organisation.
6. Plus d'attention pour les nouvelles formes de travail et les technologies
La note informative accompagnant la norme souligne que le travail hybride, le télétravail et les technologies émergentes peuvent créer des risques et des opportunités pour la gestion et la maîtrise des infrastructures.
Ce qui me frappe, c'est que l'intelligence artificielle n'est mentionnée nulle part explicitement, malgré toute l'attention qu'elle reçoit aujourd'hui. Je trouve que c'est un choix judicieux. La technologie évolue plus vite qu'une norme ne peut être révisée.
La norme ne se concentre donc pas sur des technologies spécifiques, mais sur la gestion des risques et des opportunités que la technologie apporte, quelle que soit la forme qu'elle prenne.
Une évolution, pas une révolution
Pris ensemble, ces six accents clés ne réécrivent pas la gestion de la qualité. Ils l'affinent. Les accents se déplacent vers le climat, la culture, l'éthique, la résilience et les opportunités, aux côtés de la maîtrise des processus sur laquelle l'ISO 9001 a toujours été construite. Les organisations qui travaillent déjà sur ces thèmes aujourd'hui auront une longueur d'avance lorsque l'ISO 9001:2026 deviendra la norme de référence.
Chez Pauwels Consulting, nos consultants QHSE et qualité aident les organisations à traduire des normes comme celle-ci en un système de management qui fonctionne réellement sur le terrain, pas seulement sur papier. Vous voulez savoir ce que l'ISO 9001:2026 signifie concrètement pour votre organisation ? N'hésitez pas à nous contacter.
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Luc Marivoet
QHSE Manager & Partner
Luc Marivoet est QHSE Manager & Partner chez Pauwels Consulting, où il conseille les clients en matière de systèmes de management de la qualité, d'audit et d'intégration de la qualité et de la sécurité dans les processus métier. Il écrit sur la manière dont des normes comme l'ISO 9001 se traduisent dans la pratique quotidienne.
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