Plus tôt cette année, nous écrivions un article sur les « Billemon Brothers », alias Tijs et Sam Billemon. Tijs est coach en recrutement chez Pauwels Consulting et, tout comme son frère Sam, un peu fanatique du sport.

Aucun défi n’est trop grand pour eux, ce n’était donc qu’une question de temps avant qu’ils ne s’essaient à leur premier triathlon complet. Ils l’ont fait, et comment !

Tijs a décroché la 32e place et Sam la 120e place parmi les 2 000 participants de l’Ironman UK de Bolton. Une performance incroyable, surtout quand on sait que Tijs s’est cassé la clavicule quelques semaines avant le départ et n’a pas pu nager et courir pendant un certain temps.

Nous avons discuté avec Tijs de l’Ironman, de ses ambitions, du sport en général et des parallèles avec le monde de l’entreprise en particulier. Une conversation passionnante !

Quatre leçons commerciales de l Ironman de Bolton - Pauwels Consulting

Tijs, tout d’abord, félicitations pour votre belle performance !

Tijs: Merci. Cela a demandé beaucoup d’efforts, mais nous y sommes parvenus. Tous les deux. Je suis rentré dix heures et cinq secondes après le signal de départ. Mon frère a pris quelque 50 minutes de plus. À l’issue de l’épreuve, nous étions tous les deux satisfaits de notre performance, bien que nous étions allés le plus loin possible, tant sur le plan physique que mental.

Comment la compétition s’est-elle déroulée ?

Tijs: J’admire surtout la performance de mon frère. Il souffrait déjà de problèmes d’estomac pendant l’épreuve cycliste, ce qui l’a empêché de bien ingérer sa nourriture. Il a été forcé de réduire son rythme pour pouvoir franchir la ligne d’arrivée. Pour lui, le marathon a été une épreuve mentale, mais il a tenu bon. Une très belle performance pour un gars de 27 ans.

En ce qui concerne ma propre compétition, tout s’est déroulé comme prévu. Pendant l’épreuve de natation, j’ai pu maintenir une assez bonne position dans le grand groupe. Pendant l’épreuve cycliste, j’ai gagné de nombreuses places. Le fort vent contraire de début de compétition a entraîné de grandes différences dans les temps.

Lors du passage à la course, je n’étais clairement pas arrivé au bout de mes ressources. La première moitié du marathon s’est encore bien déroulée, mais après 30 kilomètres, ma vitesse a baissé. Il me manquait donc quelques minutes pour pouvoir prétendre à une place pour Kona.

Une place pour Kona ?

Tijs: Dans chaque catégorie d’âge, les athlètes de haut niveau ont l’opportunité de se qualifier pour le championnat mondial de cette île mythique qu’est Hawaï. Dans ma catégorie, trois places de qualification ont été ouvertes. Malheureusement, la concurrence est très rude. Le vainqueur de ma catégorie d’âge a remporté la quatrième place générale, loin devant de nombreux professionnels. Moi, j’ai finalement obtenu la neuvième place de ma catégorie et il me manquait une douzaine de minutes pour être qualifié. Atteindre Hawaï sera toujours un rêve à l’avenir.

Douze minutes me semblent très peu sur une compétition de dix heures, non ?

Tijs: En effet. Et, en y repensant, je sais exactement où j’ai perdu ces minutes. Je voulais achever l’épreuve de natation en une heure. J’ai donc déjà perdu sept minutes dans cette discipline. Principalement parce que ma fracture de la clavicule m’a empêché de nager pendant deux mois. Je n’ai réussi à récupérer mon rythme de nage que les dernières semaines précédant l’Ironman.

Ma position durant la course cycliste était bien. J’ai pédalé durant cinq heures et vingt minutes à une vitesse moyenne de 35 km/h (pour les amateurs : avec une puissance normalisée de 230 watts). J’ai bien encaissé les altimètres et j’ai réalisé un temps cycliste dans le top 15. Je ne peux donc plus vraiment faire mieux dans cette discipline.

La course s’est moins bien passée. À cause de ma fracture de la clavicule, le nombre de mes entraînements de course sur plus de vingt kilomètres se comptent sur les doigts de la main. J’ai cédé pas mal de minutes dans les dix derniers kilomètres de l’épreuve de course. Les transitions et les pauses sanitaires ne se sont pas vraiment bien déroulées non plus. Quand j’y repense, je me dis que, là aussi, j’ai perdu beaucoup de temps.

Mais évidemment, ce qui est fait est fait. Et je ne me plains pas. Je suis assez satisfait de mon résultat. Je sais maintenant de quoi mon corps est capable après sept heures de sport. Avant cela, c’était un mystère.

Votre préparation ne s’est pas déroulée comme prévu ?

Tijs: Pas vraiment. Pendant le duathlon de Douai le 30 avril, je suis tombé en vélo. J’ai fait une violente chute sur l’épaule et je me suis cassé la clavicule. Ma première pensée a été : « C’est fini. »

La blessure a eu un impact considérable sur mon entraînement de natation et de course. J’ai perdu une partie de la condition que j’avais acquise, mais je ne me suis jamais laissé abattre. J’en ai vraiment tiré des leçons. Des leçons que je peux d’ailleurs appliquer à mon travail quotidien.

« Appliquez un planning réaliste, surtout après un échec ! »
Eh bien, que vous a donc enseigné le triathlon ?

Tijs: Tout d’abord : appliquez un planning réaliste, surtout après un échec ! Après ma fracture, j’ai recommencé à rouler à vélo sur des rouleaux le troisième jour, contre l’avis de mon médecin. En faisant cela, ma fêlure initiale est devenue une véritable fracture avec un léger déplacement.

Conclusion : si votre corps a besoin de repos, laissez-le se reposer. J’ai réalisé que je mettais inutilement mon corps sous pression. Au travail aussi, le dosage est crucial. Des agendas chargés, des repas rapides, trop peu de sommeil, du stress, etc. Dans le sport et au travail, persévérer uniquement en se basant sur la force mentale est traître. Malheureusement, votre corps est impitoyable. Si votre corps vous dit d’arrêter, les vrais problèmes arrivent. Notre société s’adapte de plus en plus. Mener une vie saine, avoir assez de sommeil, travailler de manière équilibrée, réserver du temps pour sa famille, etc. C’est tellement important, non ?

Ensuite : osez ajuster vos objectifs. Je me souviens d’une conversation avec le médecin : « Tijs, tu ferais mieux d’abandonner l’idée de participer à la compétition d’Autriche dans six semaines. Impossible que la fracture guérisse. Mais pour l’Ironman de Bolton, tu as encore toutes les chances. Tant que tu avances raisonnablement vers ton but… »

Ce sont des mots que je n’ai jamais oubliés. J’ai repris l’entraînement très lentement et j’ai ajusté mes objectifs chaque semaine. Toujours un peu plus long ou plus intensif. Ainsi, je me suis parfois rendu à la piscine uniquement pour faire du surplace. Ou je me suis promené pendant une demi-heure sur le tapis de marche pour garder mes muscles en mouvement. Finalement, après six semaines, je pouvais à nouveau nager et courir pleinement. Durant les cinq dernières semaines, j’ai vraiment cru que tout se passerait bien, finalement. Ces petits pas en avant m’ont donné un grand coup de pouce mental.

Vous avez donc des difficultés dans le sport ou au travail ? N’hésitez pas à vous (faire) encourager. Cela fait véritablement un monde de différence.

« J’ai entraîné mon mental à endurer les difficultés. »
Cela fait déjà deux leçons. Qu’avez-vous encore appris ?

Tijs Billemon - 4 business lessons IronMan Bolton - Pauwels ConsultingTijs: Vous pouvez vraiment vous préparer à des moments difficiles. Avant la compétition, j’ai entraîné mon mental à endurer les difficultés. Précisément trois semaines avant l’Ironman, j’ai simulé une compétition durant laquelle j’ai nagé trois kilomètres, fait 130 kilomètres à vélo et couru un semi-marathon.
J’ai alors fait du sport de manière très intensive, car je voulais voir à quel point j’étais sensible à la douleur. Je voulais exactement savoir comment mon corps se sent après avoir fait des efforts extrêmes.

Donc… si vous vous fixez un objectif ambitieux, fixez des objectifs intermédiaires pour vous préparer. La simulation devient alors un moyen de vous rassurer et qui vous garantit que vous réussirez.

Et enfin : ne sous-estimez pas l’importance de votre entourage. Une bonne équipe est importante pour pouvoir réussir.

J’ai eu la chance d’être entouré de manière optimale d’une équipe fantastique après ma fracture de la clavicule. Un médecin qui me donnait les bons conseils, deux kinésithérapeutes qui m’ont remobilisé l’épaule et puis le soutien mental de ma famille et de ma copine.

C’est surtout ma copine qui m’a énormément aidé pour que je puisse m’entraîner plus et rattraper mon retard. Mes compagnons d’entraînement et mon entraîneur m’ont eux aussi aidé à travailler mon mental avant et pendant la compétition en me motivant. Chacune de ces personnes a contribué de manière importante à ma performance sportive. Et je leur en suis particulièrement reconnaissant.

Le faire complètement seul est impossible. Au travail, c’est pareil. Vous devez être entouré d’une équipe forte, surtout pour les domaines dans lesquels vous n’êtes pas vraiment doué. Vous pouvez ainsi améliorer votre niveau et atteindre des objectifs ensemble que vous ne pourriez pas atteindre seul.

Absolument, Tijs. Un grand merci pour cette interview et à nouveau toutes nos félicitations pour votre fantastique performance !

 


Envie d’en savoir plus ?

Vous avez des questions après lecture de cette interview ou vous aimeriez vous aussi relever un défi sportif dans peu de temps ? Tijs se fera un plaisir de vous aider : tijs.billemon@pauwelsconsulting.com.

Vous souhaitez obtenir plus d’informations sur les « Billemon Brothers » ? Dans ce cas, consultez leur site Internet et leur page Facebook.

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