L’homme est capable de prouesses incroyables. Surtout lorsqu’il est mis au défi et poussé par la motivation. Kris Van Nieuwenhove en est un bon exemple. Les 12 et 13 août derniers, Kris a parcouru les célèbres cent kilomètres de la Dodentocht à Bornem, en Belgique.

Nous avons eu le plaisir de parler avec Kris de ce défi qu’il décrit aujourd’hui comme un « festival d’émotions ».

Dodentocht 2016 - Kris Van Nieuwenhove - Pauwels Consulting

Kris, pourriez-vous vous présenter brièvement ?

Kris : Bien sûr. Je m’appelle Kris Van Nieuwenhove, j’ai quarante-cinq ans et je travaille depuis deux ans chez Pauwels Consulting. Actuellement, je suis chef de projet et gère deux projets avec GSK.

Le premier projet concerne l’introduction de lunettes stériles. GSK travaille avec un sous-traitant qui peut nous en fournir une version réutilisable et l’entreprise souhaite distribuer ces lunettes dans différentes unités de production.

Le second projet concerne l’introduction de surchaussures réutilisables. Pour le moment, nous nous équipons encore de surchaussures à usage unique et sommes à la recherche d’une solution plus durable.

Merci, Kris. Ça a l’air très intéressant ! Tout comme votre participation à la 47e édition de la Dodentocht ! Comment avez-vous vécu cet événement ?

Kris : La Dodentocht (Marche de la mort) a été un festival d’émotions. Fort heureusement, d’émotions positives, pour la plupart. (Rires.) Une marche de cent kilomètres est éprouvante, tant physiquement que mentalement, surtout lorsque comme dans mon cas, c’est une première. Il a donc été difficile pour moi de planifier cette « course ». Les limites de temps et les heures de fermeture des points de contrôle tout au long du parcours ont suscité pas mal de stress à la fin.

Qu’entendez-vous par là ?

Kris : Vous disposez de vingt-quatre heures pour parcourir cent kilomètres et vous êtes libre de faire des pauses pour manger, boire et être pris en charge pour ce que vous voulez. Cela dit, les points de contrôle installés sur le parcours, c’est-à-dire les endroits où des personnes soignent vos ampoules, ferment à une certaine heure.

À la fin, j’avais plusieurs ampoules douloureuses et devais donc m’arrêter plus régulièrement. C’était une course contre la montre que de devoir atteindre dans les temps les cinq points de contrôle finaux. Je me souviens être arrivé à un point de contrôle particulier vingt minutes seulement avant sa fermeture.

Mais vous avez terminé dans les temps ?

Kris : Oui. Nous avons franchi la ligne d’arrivée une heure avant la fin de l’épreuve.

Avez-vous participé seul ?

Kris : Non, nous étions quatre : mon épouse, mon voisin, un de mes amis et moi-même. La formation de notre groupe a à elle seule une belle histoire.

Manifestement, mon épouse et moi avions envisagé au même moment de participer à la Dodentocht. C’était au début de l’année… Mais nous ne savions rien ni elle ni moi des intentions de l’autre. Lorsque nous avons découvert nos intentions communes, notre voisin et un ami du club de fitness ont manifesté leur volonté de participer également.

Où avez-vous trouvé la motivation pour parcourir les cent kilomètres de la Dodentocht ?

Kris : La Dodentocht figurait sur la liste de mes projets depuis des années. Je cherchais un nouveau défi à relever. Il y a quelques années, j’ai participé aux vingt kilomètres de Bruxelles. Cependant, les années qui ont suivi, j’ai souffert de migraines qui m’ont empêché de participer à d’autres événements sportifs.

Puis j’ai décidé d’adopter un nouveau régime alimentaire et une hygiène de vie différente. Grâce à ces changements, je n’ai connu que deux crises de migraine ces dernières années. Voilà pourquoi j’ai voulu participer à cette édition de la Dodentocht.

L’ensemble de votre groupe a-t-il pu terminer l’épreuve ?

Kris : Malheureusement, non. Bien qu’il soit en bonne forme physique, notre voisin a dû s’arrêter après soixante kilomètres. Il souffrait de douleurs articulaires. Il a donc pris une très sage et courageuse décision !

Mon épouse et mon ami du club de fitness ont franchi la ligne d’arrivée avec moi, mais mon ami a dû subir un contrôle tout de suite après la course. Il a énormément souffert de ses ampoules ! Pour calmer la douleur, il a adapté sa marche et s’est trop appuyé sur ses genoux et ses chevilles. Heureusement, son état n’était pas aussi grave que nous l’avons cru initialement et il a pu rejoindre son domicile une heure plus tard.

Le défi physique semble effectivement assez difficile à relever. Avez-vous suivi un entraînement particulier pour la Dodentocht ?

Kris : Nous avons suivi le programme d’entraînement prévu par l’organisation. Il vous prépare à la Dodentocht en trois mois seulement. En principe, la préparation dure six mois. Avec le recul, je me dis qu’un programme de cette durée est plus réaliste.

Quel moment avez-vous apprécié le plus et pourquoi ?

Kris : Je retiens deux moments en particulier. Évidemment, franchir la ligne d’arrivée suscite des émotions incroyables. C’était un moment d’autant plus particulier que j’ai franchi la ligne avec mon épouse.

Nous avons tous les deux une vie professionnelle et sociale bien remplie et n’avons donc que peu de temps à nous consacrer mutuellement durant la semaine. C’était un réel plaisir de terminer ensemble la Dodentocht.

Et quel est l’autre moment ?

Kris : Avant la course, j’avais créé une page Facebook. Pendant l’épreuve, j’ai publié régulièrement des nouvelles et des vidéos en direct. Les gens pouvaient ainsi nous suivre en temps réel. Dans un premier temps, nous avons partagé notre enthousiasme, puis notre fatigue et enfin notre douleur. À un certain moment, lorsque les ampoules sont devenues vraiment très douloureuses, nous avons commencé à recevoir de nombreux encouragements par Facebook et SMS. Cela m’a vraiment ému.

Et vingt-cinq kilomètres avant de passer la ligne d’arrivée, notre fille et notre fils sont venus à notre rencontre. Ils souhaitaient faire un bout de chemin avec nous. À ce moment-là, je souffrais beaucoup des ampoules et j’étais à fleur de peau. J’ai décidé de m’arrêter au point de contrôle suivant pour que l’on soigne mes ampoules et je me suis convaincu de continuer.

Quel a été le moment le plus difficile ?

Kris : Sans aucun doute, les cinq derniers kilomètres ! Avant la course, j’avais décidé de ne pas porter de sac à dos, mais j’ai regretté cette décision en cours de route, car mon Camelbak se trouvait dans mon sac à dos.

J’avais une bouteille classique avec moi, mais il m’aurait été beaucoup plus facile de boire avec mon Camelbak. Je n’ai donc pas bu suffisamment durant la course, ce qui a rendu les cinq derniers kilomètres très éprouvants.

À un certain moment, nous avons eu du mal à maintenir un rythme de 3 à 3,5 kilomètres à l’heure, alors que jusque-là, nous avions réussi à marcher à 5 kilomètres à l’heure. Comme je l’ai déjà dit, passer la ligne d’arrivée à temps paraissait assez compromis.

Avez-vous envisagé d’abandonner ?

Kris : Jamais. L’abandon n’était pas envisageable. Nous nous étions tellement investis dans la préparation de cet événement… Et nous avions renoncé à pas mal de loisirs avec nos enfants.

En quelque sorte, nous étions obligés de terminer la Dodentocht ! J’avais déjà posé les yeux sur la récompense. Je devais gagner cette médaille, d’une manière ou d’une autre. Par ailleurs, abandonner ne fait pas partie de mon vocabulaire. (Rires.)

Avez-vous parlé à beaucoup d’autres participants durant la course ?

Kris : Oui. Nos enfants ainsi que quelques amis et connaissances ont fait un bout de chemin avec nous et parfois, nous nous sommes joints à d’autres participants pour les encourager dans les moments difficiles.

Dernière question, Kris : réitérerez-vous l’expérience ?

Kris : Oui. C’est certain. On peut me prendre pour un fou, mais je recommencerai malgré tout. J’ai tiré les bonnes leçons de cette expérience, je devrais donc pouvoir revenir plus fort. (Rires.)

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