Je me tiens devant Tijs Billemon. Nous sommes jeudi midi et il a l’air assez fatigué.

Tijs excels in Alpe DHuez Triathlon

Tijs, d’où vous vient ce regard fatigué ?

Tijs : Je suis rentré de vacances la nuit passée et je me suis immédiatement mis au travail. C’est une dure journée aujourd’hui, donc j’ai un peu de mal en ce moment. (Rires.)

Où êtes-vous allé en vacances ?

Tijs : Je viens de rentrer du Portugal. Ma copine et moi, nous nous sommes offerts une semaine de détente. Je le lui avais promis après mon « défi de fou » en France l’été dernier.

Défi de fou ?

Tijs : Fin juillet, je me suis rendu dans les Alpes françaises. J’y ai participé au triathlon de l’Alpe d’Huez.

Un beau défi à relever !

Tijs : Tout à fait. C’était surtout une épreuve physique. D’abord, nous avons dû nager 2,2 kilomètres dans le lac du Verney. En soi, cela représente déjà une expérience assez considérable, car l’eau était glacée. L’eau y coule directement des montagnes dans le lac et n’est pas plus chaude que quinze degrés. C’était une assez mauvaise surprise. (Rires.)
Ensuite, nous avons dû faire 120 kilomètres à vélo, un parcours qui présentait quatre cols, avec la montée légendaire de l’Alpe d’Huez pour couronner le tout. Après cette dernière montée de quinze kilomètres, nous avions atteint une altitude de plus de 3 000 mètres.

Et ensuite, il fallait encore courir bien sûr. Sur l’Alpe d’Huez, nous avons couru au total trois tours de plus de sept kilomètres. Vingt-deux kilomètres en tout donc, dont la moitié sur des chemins de terre et des chemins de montagne.

Triathlon Alpe dHuez - Start

Pourquoi vous lancer là-dedans ?

Tijs : Tout a commencé il y a deux ans. À cette époque, j’ai participé, avec mes collègues Niels Declerck et Dieter Uyttersprot, au championnat de Belgique de triathlon. Il s’agissait d’un triathlon en trio à Eupen. Dieter a nagé 1,9 kilomètre, moi j’ai fait 90 kilomètres à vélo et Niels a couru 21 kilomètres.

L’expérience de remporter la troisième place en tant que simples amateurs dans la compétition d’équipe nous a incroyablement motivés. Nous faisons relativement beaucoup de sport tous les trois, mais nous étions tout de même quelque peu surpris. Ce jour-là, j’ai énormément admiré les athlètes qui combinaient les trois sports et j’ai décidé que je voulais en être.

Comment cela s’est-il passé ?

Tijs : Dans l’univers qu’est le triathlon, il règne une ambiance très agréable et détendue. Si vous assistez à un concours, vous remarquez immédiatement que tous les athlètes sont des fanas de leur sport, mais qu’ils veulent aussi simplement s’amuser. J’aime cette ambiance décontractée.

L’année passée, j’ai donc décidé de participer seul à un quart-triathlon pour la première fois. Finalement, j’ai assisté à plusieurs événements et cela m’a intéressé de plus en plus. (Rires.) À chaque concours, j’ai amélioré mes records personnels et cette année, j’ai même atteint deux fois le podium d’un triathlon.

Êtes-vous doué pour le triathlon ?

Tijs : Je ne sais pas vraiment. Depuis cette époque, mon corps s’est bien habitué aux longs et durs efforts. À l’âge de quinze ans, j’ai commencé le cyclisme en compétition. Je l’ai fait jusqu’à mes vingt-trois ans. Ensuite, j’ai fait moins de sport pendant une longue période, car le travail me prenait plus de temps. (Rires.)

Il y a deux ou trois ans, j’ai remarqué que le sport me manquait quand même. J’ai donc repris le cyclisme. Ensuite, je me suis plongé dans le triathlon. Ces quatre dernières années, je donne également des cours à la Wielerschool à Ronse. Je combine ce job avec mon travail chez Pauwels Consulting. J’enseigne ou accompagne les personnes âgées entre quinze et dix-huit ans à vélo pendant un certain nombre de jours par semaine. Les autres jours, je coache les consultants en recrutement chez Pauwels Consulting.

Mon passé cycliste fait que le vélo est la discipline où je suis le plus fort. C’est là où je peux faire la différence, surtout sur un parcours difficile comme celui du triathlon de l’Alpe d’Huez.

Triathlon Alpe dHuez - Swimming 3

Et la course et la nage ?

Tijs : Cela ne fait pas longtemps que je fais de la course à pied. Toutefois, je remarque que, du point de vue physique, j’en suis capable, mais, malheureusement, j’ai déjà beaucoup souffert de blessures aux genoux, au bassin et aux chevilles. Ma santé a l’air d’être moins adaptée aux efforts à fournir dans le cadre d’une course longue et intensive.

Pour la nage, j’ai dû partir de zéro. Au début, ma technique était très mauvaise. J’avais même un peu honte. Alors, j’ai visionné des vidéos sur YouTube et trouvé un entraîneur pour perfectionner ma technique. Maintenant, deux ans plus tard, la nage est toujours la discipline du triathlon où je me débrouille le moins bien, mais je fais encore des progrès chaque mois. Je ne sais donc pas vraiment quelles sont mes possibilités.

Pourquoi venez-vous de participer à ce concours ?

Tijs : Il y avait plusieurs raisons. Tout d’abord, j’aime évidemment le défi que représente le triathlon. Je voulais quitter ma zone de confort et mettre à l’épreuve les limites de mes capacités physiques. C’est agréable de placer la barre toujours un peu plus haut.

Auparavant, je n’avais jamais participé à un concours de plus de quatre heures. Maintenant, je savais qu’il allait durer entre six et sept heures. Je voulais connaître la force de mon corps et de mon esprit dans des conditions extrêmes.

Et, évidemment, les Alpes constituent un décor magnifique. Chez nous, on ne retrouve pas un tel paysage de montagne. Et, comme je l’ai déjà dit, un parcours dur à vélo en altitude peut me permettre de faire la différence.

Avez-vous suivi un entraînement ou un régime spéciaux ?

Tijs : Je travaille dur depuis toute une saison déjà. J’ai beaucoup roulé à vélo et fait de la nage pendant les mois de décembre, de janvier et de février. En mars, j’ai planifié un stage et un concours à Majorque pour pouvoir me concentrer pendant une semaine de manière spécifique et en toute tranquillité sur les trois sports. Pendant les mois d’avril, de mai et de juin, j’ai participé à une série de concours belges pour acquérir du rythme.

Êtes-vous satisfait de votre participation à ce triathlon ?

Tijs : Absolument ! Je n’avais jamais cru remporter la vingt-quatrième place à ma première participation. Sur 1 100 participants, ce n’est pas du tout mauvais. (Rires.) Il y avait également de nombreux athlètes professionnels qui participaient. Pouvoir me mesurer avec eux m’a réellement fait planer.

Quel a été le moment le plus difficile de ce concours ?

Tijs : La montée de l’Alpe d’Huez ! Après trois cols, une montée si longue et raide est vraiment mortelle. Et, en outre, il faisait également très chaud, avec des températures supérieures à vingt-cinq degrés sur le col. La chaleur me collait littéralement au corps et il importait de ne pas se déshydrater.

Lorsque j’ai atteint la zone de transition au sommet de l’Alpe d’Huez et que mon père m’a informé que seuls vingt-cinq participants étaient passés, je ne pouvais plus renoncer à cette belle position. J’ai eu un coup de boost mental et je suis parvenu à terminer la course sans problèmes.

Avez-vous pensé à abandonner pendant la course ?

Tijs : Pas une seule fois. J’étais bien préparé au niveau mental. J’avais exploré le parcours et établi un régime alimentaire au préalable. En outre, j’avais immédiatement adopté le bon rythme. Après l’épreuve de natation, j’ai continuellement gagné des places et, à la fin, mes résultats étaient meilleurs que je l’aurais pensé. Enfin, la motivation l’a emporté sur la fatigue.

Triathlon Alpe dHuez - Preparing

Avez-vous préparé le concours seul ?

Tijs : Non, heureusement. Mon père et mon beau-frère m’ont accompagné. À vrai dire, c’est nécessaire pour un tel concours. Nous avons préalablement exploré le parcours et suivi des entraînements intensifs.

Mon beau-frère se chargeait du vélo et mon père s’occupait du logement, de la nourriture et des boissons. Ainsi, je pouvais me concentrer entièrement sur le concours. C’était agréable.

Avez-vous senti le contrecoup par la suite ?

Tijs : Les premiers jours, j’ai senti que mon corps avait besoin de repos. Mes muscles étaient tout à fait acidifiés. Après quelques jours, j’ai remarqué que mon corps s’était rétabli. J’ai dès lors commencé à m’entraîner à nouveau, mais plus calmement. C’est à un tel moment que vous remarquez que votre corps récupère rapidement et qu’il est prêt à faire de nouveaux efforts.

Et maintenant, la question inévitable, Tijs : participeriez-vous encore à des triathlons à l’avenir ?

Tijs : J’aimerais, oui. Je me rends compte maintenant que mon corps est en mesure de faire de tels efforts et que je n’ai pas encore atteint mes limites. Pour être honnête, je pense que j’ai les capacités pour participer à un Ironman (triathlon complet). L’année prochaine, j’aimerais y participer en France ou au Pays de Galles.

Pourquoi ces concours justement, Tijs ?

Tijs : Je préfère accomplir un triathlon complet en étant le plus proche de chez moi. Ainsi, je ne dois presque pas tenir compte des déplacements, des fuseaux horaires et d’autres éléments, comme des langues étrangères ou des conditions météorologiques extrêmes. Et ainsi, cela reste également faisable sur le plan financier. En outre, je me suis laissé dire que les Ironmans en France et au Pays de Galles ont un parcours difficile à vélo. Et cet élément joue absolument en ma faveur.

Je n’aime pas vraiment les parcours plats où vous faites 180 kilomètres à vélo sans rencontrer une seule colline. Je préfère un parcours varié avec des montées et des descentes et où il faut faire preuve de technique et de souplesse. De plus, cela donne l’impression que le concours va vite.

Pour finir, avez-vous encore des conseils à donner aux personnes qui souhaitent relever ce genre de défis ?

Tijs : Commencez par le début. Offrez-vous le temps d’apprendre et de profiter de ce sport sans penser à l’élément compétitif. En Belgique, il existe de nombreux événements accessibles aux amateurs, comme des concours de sprint ou des biathlons (pour les personnes qui n’aiment pas la natation). Les jeunes comme les moins jeunes, tout le monde peut y participer à condition d’avoir une condition et une santé qui le permettent.

Voilà mon second conseil : préparez-vous bien. Le triathlon est un sport exigeant pour le corps et demande beaucoup d’efforts au niveau des muscles et du système cardiovasculaire. Prévoyez assez de temps avant ou après le travail pour vous entraîner et évoluez progressivement. Il y a des gens qui courent le marathon de Zermatt sans préparation digne de ce nom, mais tout le monde n’en est pas capable ! (Rires.)


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